Après plusieurs mois de travaux, les écoles élémentaires Jean Charcot et Henri Barbusse ont fait peau neuve tout en conservant leur patrimoine architectural des années 1930. Dès la rentrée, les élèves pourront goûter aux plats bio et faits maison, confectionnés dans la nouvelle cuisine de production.
Catégorie : Jeunesse
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En cette fin juin, la canicule s’est abattue sur la ville. Une soixantaine d’enfants des écoles Jean Charcot et Henri Barbusse déjeune, au frais, dans le réfectoire restauré. « Il y a du bois partout. Ça ne résonne plus, donc on peut discuter tranquillement à table », remarque Ellie. Comme ses camarades, l’élève de CM2 à Henri Barbusse a voté pour baptiser les quatre salles, hommage aux fruits et aux légumes : cela donne salles des fèves, des choux, des butternuts et des framboises. Une bonne façon pour les enfants de s’approprier ce lieu totalement repensé. « L’ancienne hauteur sous plafond, jugée insuffisante, a été augmentée afin d’améliorer le confort en période de chaleur. » précise l’architecte Lorenzo Santosuosso (de l’atelier Oblò qui travaille également sur l’extension des écoles Fraternité et Jeanne Gallèpe, lire notre article du numéro d’avril). Ont été installés : de nouvelles menuiseries performantes, des protections solaires orientables et des brasseurs d’air. Le réfectoire bénéficie également de nouveaux accès et d’un système innovant de ventilation naturelle utilisant des tourelles en toiture végétalisée. Ce dispositif fonctionne sans consommation énergétique importante et assure un renouvellement permanent de l’air intérieur.
Un défi architectural
Les écoles Jean Charcot et Henri Barbusse sont les œuvres de l’architecte communal André Bérard, conçues à partir de 1935 avec l’arrivée du Parti communiste à la mairie de Romainville, et réalisées en 1939. Préserver leur forte valeur patrimoniale tout en les modernisant, et ce dans une démarche écologique : c’était l’enjeu de ce projet d’envergure, soit une rénovation sur 1200 m2. Par exemple, le carrelage des années 1930 a été conservé lors de la réhabilitation des sanitaires vieillissants et peu performants donnant sur la cour de l’école Jean Charcot. Aujourd’hui, cet espace rénové, avec extension et isolation extérieure en blocs de Chaux-Chanvre, dispose d’une couverture en ossature bois végétalisée et d’un préau. Il est prolongé par un nouveau passage couvert accessible aux personnes à mobilité réduite, relié au réfectoire.
Une cuisine pour bien manger
Ledit réfectoire, qui sépare les cours des deux écoles, abritait auparavant l’ancienne cuisine en liaison froide. La nouvelle est désormais implantée dans des ateliers, qui à l’origine, servaient à l’enseignement de la charpenterie et de la métallurgie. Ces sheds (une toiture en dents de scie d’atelier industriel, typique des années 1930) vont accueillir l’équipe de cuisine (treize personnes dont quatre en contrats d’insertion), pour qu’elle y confectionne, serve et livre une nourriture, à base de produits bio et locaux. En plus d’assurer le bien-manger (l’une des priorités de la Municipalité), cette cuisine se veut également pédagogique : par les fenêtres donnant sur la cour, les enfants pourront assister à la préparation des plats. En tout, 700 couverts y seront produits : 400 pour les écoles élémentaires Jean Charcot et Henri Barbusse, donnés au réfectoire en deux services, et après les vacances d’automne, 300 seront livrés en vélos cargo aux écoles maternelles Jean Charcot et Charlie Chaplin (150 pour chacune). Le personnel sera en phase de test, avec les enfants du centre de loisirs Marcel Cachin, du 26 au 28 août, pour être fin prêt à la rentrée. À noter que l’école Maryse Bastié, la première à disposer d’une cuisine de production depuis 2023, livrera également aux crèches Yvonne Sulot et à la Maison de l’enfance, durant les vacances d’automne.
Terre crue
Des locaux annexes, qui abritent notamment des bureaux et les nouveaux sanitaires de l’école Henri Barbusse, ont été construits, en prolongement. En arc de cercle, ce nouveau bâtiment joue un rôle de barrière entre les camions de livraison et les enfants s’amusant dans la cour. Originalité et dans un souci écologique : les murs porteurs, qui reposent sur un soubassement en béton, sont composés de trumeaux en pisé, d’une épaisseur de 40 cm. Les blocs de terre crue ont été montés en kit (trois par mur) par l’entreprise lyonnaise Terrio : cette technique a permis d’accélérer le chantier et de limiter les nuisances. « La préfabrication de ces murs a contribué à la réouverture de l’usine de Cycle Terre à Sevran, en Seine-Saint-Denis », se réjouit Lorenzo Santuosso. Les murs portent une charpente en bois qui se prolonge, côté sud, par un portique protégeant du soleil. De quoi apporter davantage de confort aux élèves.
Lire l'article complet p 8-9 du Mag' de juillet-août 2026
Action financée par :
- La Métropole du Grand Paris via le Fonds Energie, financeur à hauteur de 492 819 € pour la rénovation énergétique du réfectoire
- La Métropole du Grand Paris via le fonds Innover dans la ville, financeur à hauteur de 200 000 € pour les équipements de cuisine (financement commun avec l’opération Fraternité-Gallèpe - montant attribué au global dans les conventions pour les 2 opérations sans ventilation)
- La Région Ile-de-France : 75 000 € pour les équipements de cuisine(financement commun avec l’opération Fraternité-Gallèpe - montant attribué au global dans les conventions pour les 2 opérations sans ventilation)

