C’est avec une grande tristesse que la Municipalité de Romainville a appris la disparition de Nicolle Léonet, décédée le lundi 26 octobre 2026, à l’âge de 87 ans.

Catégorie : Hommages

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Avec elle disparaît une grande figure de la vie politique et militante romainvilloise, une femme dont l’existence aura été indissociable de l’histoire de notre ville, de ses combats populaires et de ses aspirations à la justice sociale.

Élue communiste, militante infatigable, Nicolle Léonet appartenait à cette génération de femmes et d’hommes pour qui l’engagement n’était pas une posture, mais une manière d’habiter le monde et de le transformer. Une génération pour laquelle les convictions se traduisaient en actes, au service de l’émancipation collective, de la solidarité et de la dignité humaine.

Enfant de Romainville, elle fait ses premières armes militantes au sein de l’Union des jeunes filles de France, où elle exerce rapidement des responsabilités départementales et nationales. Son parcours épouse alors les grandes luttes de son époque : le combat pour l’indépendance de l’Algérie, la dénonciation des crimes de l’OAS, la mobilisation contre la guerre du Vietnam ou encore le mouvement international pour la libération d’Angela Davis. Autant de combats qui témoignent de la profondeur de son internationalisme et de son refus constant de l’injustice, d’où qu’elle vienne.

Élue conseillère municipale de Romainville en 1971, Nicolle Léonet devient, en 1977, cinquième adjointe au maire Gérard Machelart, chargée des affaires scolaires. En 1980, elle est élue première adjointe au maire Robert Clément, avant de poursuivre cette même fonction aux côtés de Corinne Valls à partir de 1998.

Durant ces mandats successifs, elle conservera une seule et même délégation, celle de l’enseignement, à laquelle elle consacrera plus de vingt années d’un engagement sans relâche. Jusqu’en 2001, elle aura ainsi donné trente années de sa vie au service de Romainville, avec cette fidélité rare à ses convictions et cette attention constante portée à l’avenir des enfants de notre ville.


L’école publique fut l’un des grands combats de sa vie. Chargée des affaires scolaires pendant plus de vingt ans, elle défendait une école ouverte à toutes et tous, attentive à chaque enfant, convaincue que l’éducation constituait l’une des plus puissantes promesses d’émancipation. Sous ses mandats, les écoles maternelles Jeanne-Gallèpe et Charlie-Chaplin voient notamment le jour. Elle oeuvre à développer l’apprentissage de la natation dès le plus jeune âge, à faire vivre les fêtes des écoles et à préserver une restauration scolaire de qualité.


Mais au-delà des réalisations, c’est aussi une certaine idée de l’action publique qu’elle incarnait, celle d’une démocratie vivante, où les enseignant·es, les parents et les équipes éducatives prennent toute leur place dans les décisions qui façonnent le quotidien des enfants. Pour Nicolle Léonet, l’école ne pouvait se penser sans celles et ceux qui la faisaient vivre.

Son engagement ne s’arrêtait pas aux portes des établissements scolaires. Présidente de Romainville Habitat de 1998 à 2001, elle poursuivit son action en faveur du logement et du cadre de vie, avec cette même attention portée aux conditions d’existence des habitant·es.
Elle conserva toute sa vie un attachement particulier au quartier des Bas-Pays, où elle avait grandi, et dont elle connaissait les rues, la mémoire ouvrière et les transformations.


Cette fidélité à Romainville plongeait ses racines dans une histoire familiale profondément liée à celle de la Résistance et du mouvement ouvrier. Son père, André Léonet (1909-1990), militant communiste et résistant, participa à la libération de Romainville en 1944. Devenu conseiller municipal en 1945, puis maire-adjoint chargé du logement de 1958 à 1971, il consacra également une part importante de sa vie à la mémoire de la Résistance et à la défense des anciens combattants. Une place du quartier des Bas-Pays porte aujourd’hui son nom.

De cet héritage, Nicolle Léonet ne fit pas seulement une mémoire à préserver, mais une histoire à transmettre. Elle s’attacha à faire vivre le souvenir de la Résistance auprès des jeunes générations, en accompagnant les commémorations, les rencontres avec les témoins et les initiatives pédagogiques dans les collèges. En 2004, elle confia aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis de précieux documents familiaux et militants, pour que demeure vivante la trace de celles et ceux qui avaient refusé l’Occupation et la barbarie.

Il y avait chez Nicolle Léonet cette conviction profonde que l’histoire n’appartient pas seulement au passé, mais qu’elle nous oblige, qu’elle éclaire nos choix et qu’elle nourrit nos combats présents.

Sa disparition nous rappelle combien Romainville s’est construite à travers des destins singuliers et des engagements collectifs, par la volonté de celles et ceux qui ont fait de cette ville une terre de luttes, de solidarité et d’espérance. Nicolle Léonet fut de ces femmes qui, sans jamais renoncer à leurs convictions, ont contribué à écrire cette histoire commune.

Nicolle était une grande dame. Une femme de caractère et de coeur, de fidélité et de courage, dont les convictions ne se sont jamais dissociées d’une profonde humanité. Nous n’oublierons ni ses combats, ni son dévouement, ni l’empreinte qu’elle laisse dans notre ville.
Aujourd’hui, la Ville de Romainville salue une vie tout entière consacrée à l’engagement politique, à l’école publique, à la transmission de la mémoire et à la défense des classes populaires.

L’ensemble de la Municipalité adresse ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches, à ses camarades et à toutes celles et ceux qui ont cheminé à ses côtés.

Nicolle Léonet s’en est allée, mais quelque chose d’elle demeure dans les écoles de notre ville, dans ses quartiers, dans sa mémoire et dans les combats qui continuent de la faire vivre.
Romainville ne l’oubliera pas.

Pour la Municipalité
François Dechy
Maire de Romainville

Portrait de Nicolle LéonetVoir l'image en grand
Un livre de souvenirs est à votre disposition à l’accueil de l’Hôtel de Ville pour celles et ceux qui souhaitent laisser un mot, un témoignage ou un hommage à la mémoire de Nicolle Léonet.